Le 18 mai 2026, le Centre Léon Bérard de Lyon a lancé l’essai clinique TARLATEM, un nouveau traitement qui combine immunothérapie et chimiothérapie pour tenter de mieux soigner certains cancers du cerveau rares et très agressifs appelés gliomes diffus de la ligne médiane H3K27M.
Certaines tumeurs du cerveau restent aujourd’hui parmi les cancers les plus difficiles à traiter. C’est notamment le cas des gliomes diffus de la ligne médiane avec mutation H3K27M, des tumeurs du cerveau rares qui touchent surtout des enfants, des adolescents et de jeunes adultes.
Très agressifs, ces cancers se développent dans des zones profondes du cerveau, comme le tronc cérébral ou le thalamus, ce qui les rend souvent impossibles à opérer. Malgré la radiothérapie et la chimiothérapie, la maladie continue généralement de progresser rapidement et les options thérapeutiques restent limitées.
Face à cette impasse médicale, le Centre Léon Bérard de Lyon a lancé, le 18 mai 2026, un nouvel essai clinique baptisé TARLATEM. Coordonnée avec plusieurs centres hospitaliers français spécialisés en neuro-oncologie, cette étude teste une stratégie inédite associant une immunothérapie de nouvelle génération, appelée tarlatamab, à une chimiothérapie administrée à faible dose en continu.
Cancer du cerveau : une tumeur rare mais très violente
Ces tumeurs apparaissent dans des zones essentielles du cerveau, comme le tronc cérébral ou certaines régions qui contrôlent les mouvements, la respiration ou encore la vigilance. Comme elles sont situées très profondément, les chirurgiens ne peuvent souvent pas les retirer.
La mutation H3K27M correspond à une anomalie génétique retrouvée dans ces cellules cancéreuses. Cette anomalie rend la tumeur particulièrement agressive et difficile à contrôler.
Selon l’Institut national du cancer (INCa), les tumeurs cérébrales concernent environ 5 000 nouveaux patients chaque année en France. Les gliomes diffus de la ligne médiane restent beaucoup plus rares, mais ils font partie des formes les plus graves. Aujourd’hui, le principal traitement reste la radiothérapie. Elle permet parfois de ralentir temporairement la maladie, mais les rechutes sont fréquentes.
TARLATEM : en quoi consiste cet essai lyonnais ?
Deux traitements réunis pour attaquer la tumeur autrement
Le premier est une immunothérapie appelée tarlatamab. L’immunothérapie consiste à aider les défenses naturelles du corps à mieux reconnaître et attaquer les cellules cancéreuses.
Le tarlatamab agit un peu comme un “intermédiaire” entre les cellules immunitaires et les cellules de la tumeur. Son rôle est de pousser le système immunitaire à repérer puis détruire les cellules cancéreuses.
Le deuxième traitement est une chimiothérapie appelée témozolomide, administrée ici à très faible dose mais de manière continue.
L’idée n’est pas seulement de tuer directement les cellules cancéreuses. Les chercheurs espèrent aussi modifier progressivement l’environnement de la tumeur pour rendre l’immunothérapie plus efficace.
Une étude menée dans toute la France
L’essai TARLATEM est ce qu’on appelle une étude de phase I/II. Cela signifie que les chercheurs vont d’abord vérifier si le traitement est bien toléré par les patients et identifier les éventuels effets secondaires.
Ensuite, ils observeront si cette nouvelle stratégie permet réellement de ralentir la progression de la maladie. Selon le Centre Léon Bérard, environ une centaine de patients adolescents et adultes devraient participer à l’étude dans une quinzaine de centres hospitaliers français.
Pour l’instant, il est encore beaucoup trop tôt pour savoir si ce traitement fonctionnera réellement. Mais dans ce type de cancer où les solutions manquent cruellement, chaque nouvelle piste est suivie avec beaucoup d’espoir.
L’immunothérapie suscite beaucoup d’espoir
Depuis plusieurs années, l’immunothérapie change progressivement la prise en charge de certains cancers. Contrairement à la chimiothérapie classique, qui attaque directement les cellules cancéreuses mais aussi parfois des cellules saines, l’immunothérapie cherche surtout à “réveiller” le système immunitaire du patient.
Dans certains cancers du poumon, de la peau ou du rein, ces traitements ont déjà permis d’améliorer fortement la survie de certains patients.
Mais dans les cancers du cerveau, les résultats restent encore limités. Le cerveau possède en effet des mécanismes de protection très particuliers qui compliquent l’action des traitements.
C’est pour cette raison que les chercheurs testent aujourd’hui de nouvelles générations d’immunothérapies plus ciblées, comme celle utilisée dans l’essai TARLATEM.
Un immense enjeu pour les cancers rares
Les cancers rares sont souvent les grands oubliés de la recherche médicale. Comme ils touchent moins de patients, il existe généralement moins d’essais cliniques et moins de traitements disponibles. Pourtant, les besoins sont énormes pour les familles concernées.
Le Centre Léon Bérard fait aujourd’hui partie des centres français très impliqués dans le développement de nouveaux traitements contre les cancers difficiles à soigner.
Même si cet essai n’en est qu’à ses débuts, il représente déjà une nouvelle piste d’espoir pour des patients qui disposent aujourd’hui de très peu d’options thérapeutiques.
Le cerveau est protégé par une sorte de “filtre naturel” appelé barrière hémato-encéphalique. Son rôle est d’empêcher de nombreuses substances présentes dans le sang d’atteindre le cerveau. Mais, problème, cette protection bloque aussi parfois certains médicaments anticancer, ce qui explique pourquoi les tumeurs cérébrales restent parmi les cancers les plus compliqués à traiter.
Ma Santé – l’article ici
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