Cancer du cerveau : bientôt un vaccin contre le glioblastome ?

Cancer du cerveau : bientôt un vaccin contre le glioblastome ?

Des chercheurs de Floride ont dévoilé un vaccin prometteur contre le glioblastome, qui déclenche une réponse vigoureuse du système immunitaire contre la tumeur du cerveau.

Le glioblastome est une forme très agressive de cancer du cerveau qui touche fréquemment les jeunes adultes et les enfants. Récemment, l’écrivaine Sophie Kinsella annonçait sur ses réseaux sociaux qu’elle était atteinte de cette forme de cancer, qui reste difficile à traiter.

 Mais les résultats d’un essai mené par des chercheurs de l’Université de Floride (Etats-Unis) pourraient bien changer la donne. Les chercheurs américains ont en effet dévoilé les résultats de l’essai clinique d’un vaccin à ARN messager contre le glioblastome. Cet essai, mené sur 4 patients, a montré que le vaccin avait rapidement reprogrammé le système immunitaire pour attaquer la tumeur cérébrale.

Une réponse rapide du système immunitaire

Les résultats positifs de cet essai clinique viennent confirmer les bons résultats des essais précédents, d’abord menés sur des rongeurs, puis sur une dizaine de chiens atteints de tumeur du cerveau.

« Au lieu d’injecter des particules uniques, nous injectons des groupes de particules qui s’enroulent les unes autour des autres comme des oignons, comme un sac rempli d’oignons. Ces amas alertent le système immunitaire d’une manière beaucoup plus profonde que ne le feraient des particules uniques », explique le Professeur Elias Sayour, oncologue pédiatrique et principal auteur de l’étude.

Ce vaccin à ARN messager, administré par voie intraveineuse, a déclenché une réponse vigoureuse du système immunitaire pour rejeter la tumeur. « Ce que cela nous a dit, c’est que nous avons pu activer très rapidement la partie précoce du système immunitaire contre ces cancers, ce qui est essentiel pour débloquer les effets ultérieurs de la réponse immunitaire » ajoute l’oncologue.

La prochaine étape sera un essai clinique élargi de phase I pour inclure jusqu’à 24 patients adultes et des enfants afin de valider les résultats.

En Europe, des essais de vaccin thérapeutique

En 2018, les chercheurs des Universités de Genève (Suisse) et Heidelberg (Allemagne) avaient annoncé qu’ils travaillaient de leur côté sur le développement de vaccins « à la carte », adaptés aux caractéristiques individuelles de la tumeur et du système immunitaire du patient.

« Le but est d’identifier le « code-barres » de la tumeur et de l’utiliser comme vaccin personnalisé, différent pour chaque patient » expliquait alors le Pr Pierre-Yves Dietrich, professeur à la faculté de médecine de l’Université de Genève et co-directeur d’un essai clinique sur 15 patients, avec Wolfgang Wick, chef de la clinique de neurologie de l’Université de Heidelberg.

Source : RNA aggregates harness the danger response for potent cancer immunotherapy, Cell, avril 2024

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Un virus à l’origine du glioblastome, grave cancer du cerveau

Un virus à l’origine du glioblastome, grave cancer du cerveau

DÉCRYPTAGE – Une équipe de chercheurs de Besançon a mis en évidence un lien entre une infection par un cytomégalovirus et le développement de tumeurs cérébrales.

Un virus est à l’origine du glioblastome, le cancer du cerveau le plus fréquent et de plus mauvais pronostic, révèlent les travaux de recherche menés depuis plus de dix ans par l’équipe de Georges Herbein, professeur de virologie médicale au CHU de Besançon et à l’université de Franche-Comté. Ces travaux sont publiés dans la revue Cancer Gene Therapy . « C’est la première fois que l’on démontre que le cytomégalovirus, ou CMV, peut causer, au moins dans certains cas, un glioblastome, même si son mécanisme d’action reste à élucider », souligne Gaëtan Ligat, virologue spécialiste du CMV et des virus de la famille des herpès à l’université de Toulouse. Le glioblastome fait partie des cancers les plus létaux et provoque le décès de plus de 3500 personnes par an en France. Longtemps asymptomatique et sans cause connue, il affecte en majorité des hommes, surtout entre 60 et 75 ans. Niché au cœur du cerveau, très infiltrant, diffus, il résiste aux traitements de chimio et de radiothérapie mis en…

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« On est face à une urgence sanitaire » : le film qui dénonce l’omerta autour d’une épidémie de cancers chez les jeunes enfants

« On est face à une urgence sanitaire » : le film qui dénonce l’omerta autour d’une épidémie de cancers chez les jeunes enfants

Vice-président de Médecins du Monde, le Toulousain Jean-François Corty a co-réalisé avec Valéry Gaillard le documentaire « Contrepoisons, un combat citoyen » , sur le combat de parents autour d’un cluster de cancers de jeunes enfants qui sera diffusé sur France 3.

Votre documentaire se penche sur une « épidémie » de cancer pédiatrique dans la région nantaise, peut-on parler de scandale sanitaire ?

Entre 2015 et 2020, sur la commune de Sainte-Pazanne et ses environs, près de Nantes, 25 enfants ont eu un cancer, 7 en sont morts. Il existe en France plusieurs clusters de ce type à Saint-Rogatien près de la Rochelle, dans le Haut-Jura, dans l’Eure entre autres. On estime à 2 500 le nombre de nouveaux cas et 500 décès par an à l’échelle nationale. Par ailleurs, des statistiques de la Caisse nationale d’Assurance-maladie ont révélé une augmentation de 18 % des cas entre 2003 et 2019, et ces chiffres sont probablement sous-estimés du fait de biais méthodologiques de recensement. De fait, l’incidence de l’épidémie progresse à bas bruit en France, sans que l’on sache vraiment pourquoi, en lien avec l’exposition chronique et le cumul de toxiques environnementaux, type perturbateurs endocriniens, hydrocarbures, pesticides, ondes électromagnétiques, radon entre autres. Il nous semble que l’État devrait considérer cette épidémie comme une urgence sanitaire, mais ce n’est manifestement pas le cas, même s’il y a des avancées au niveau des traitements, compte tenu du manque de moyen pour en comprendre l’origine précise et mieux prévenir les nouveaux cas.

Comment expliquer le déni des autorités régionales de santé qui ne semblent pas avoir pris la mesure du phénomène ?

Il y a un enjeu majeur autour de l’amélioration de la connaissance du nombre réel de cas, mais aussi de la compréhension et l’identification des origines pour mieux les prévenir, que ce soit sur Sainte-Pazanne et sa région ou à l’échelle nationale. De fait, les lenteurs institutionnelles à apporter des réponses adaptées interrogent et les personnes concernées souhaitent des mesures exceptionnelles pour limiter les retards en matière de prévention des cancers et le défaut de mise en protection des enfants. Il faut améliorer le recueil de données pour avoir un système d’alerte plus performant, en faisant en sorte que les registres des cancers existants soient à jour et couvrent tout le territoire national. Les familles demandent une mise à jour et un accès à ces registres, mais sans grand succès pour l’instant. Elles espèrent aussi que les institutions sanitaires puissent remettre en question leurs méthodes d’analyses, que ce soit dans l’établissement épidémiologique des clusters, comme des enquêtes environnementales pour comprendre les causes de ces cancers au niveau des territoires, ce qu’elles ne sont pas capables de faire aujourd’hui.

« L’incidence de l’épidémie progresse à bas bruit, sans que l’on sache vraiment pourquoi »

Un insecticide, le lindane, est pointé du doigt, mais sans certitude, les pratiques des industriels et des agriculteurs sont-elles couvertes par les pouvoirs publics et les politiques ?

On ne peut rien affirmer. Il y a de fait plusieurs causes possibles, avec un effet cumulatif probable, ce qu’on appelle « l’effet cocktail ». Dans le secteur de Sainte-Pazanne et ses environs, on retrouve sur certains lieux du lindane, du radon, du dieldrine, qui sont classés « cancérogènes avérés ou probables pour l’humain » par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Mais il y a aussi des câblages de haute tension, des postes de transformation électrique pour des parcs éoliens et des épandages de pesticides dans cette zone d’agriculture maraîchère et viticole intensive. C’est peut-être le cumul d’un ou plusieurs facteurs qui ont pu générer ces maladies, mais on n’a pas aujourd’hui les recherches adéquates pour mieux comprendre.

Vous racontez le combat exemplaire des parents pour avoir une explication à la maladie de leurs enfants, pensez-vous que la vérité sera faite un jour ?

Les parents et les proches veulent surtout comprendre ce qui s’est passé. Ils ont monté le collectif Stop aux Cancers de nos Enfants. Après plusieurs mois de travail, ils ont mis en place une task-force en s’entourant d’experts en toxicologie, en sociologie de la santé et d’un avocat afin d’initier les enquêtes environnementales pour comprendre l’origine de ces cancers et faire en sorte que d’autres enfants ne tombent pas malades. Ce sont des citoyens devenus des parents experts, acteurs originaux du maillage sanitaire à l’échelle de leur région à même de bouger les institutions. Grâce à leur travail acharné, ils sont à l’origine de l’Institut citoyen de recherche et de prévention en santé environnementale de Loire-Atlantique qui est une structure originale car elle met autour de la table des élus, des citoyens, des chercheurs, des pollueurs afin de lancer des recherches spécialement dédiées aux problèmes de santé publique qui les touchent. Grâce à ces futurs travaux, ils espèrent mieux comprendre ce qui s’est passé. C’est l’expression d’une démocratie sanitaire active qui est très touchante, face à une épidémie de cancers pédiatriques qui relève d’une urgence de santé publique et face à laquelle on attend davantage de la puissance publique.

Votre film peut-il relancer le débat sur l’usage des pesticides alors que la France vient de reculer sur le glyphosate qui est encore utilisable dans nos champs ?

Ce film c’est d’abord un hommage aux familles, aux enfants, à leurs proches, aux chercheurs aussi souvent bénévoles, tous mobilisés contre ce mal que sont les cancers pédiatriques. C’est l’histoire de leur combat contre l’inertie des institutions, contre des pratiques industrielles nocives, contre le mensonge et le mépris. J’espère qu’il sera un outil supplémentaire de communication pour défendre leur cause. À l’heure où les scientifiques estiment que les résultats de leurs recherchent ne sont pas assez pris en compte, où il y a de fait une tension entre enjeux de santé publique et enjeux économiques, où les politiques à l’échelle nationale et européenne semblent mépriser la santé environnementale, ces familles nous rappellent que l’action au niveau du territoire a encore du sens et qu’il ne faut rien lâcher.

La première diffusion du documentaire est programmée le 25 avril sur France 3 Pays de Loire. https ://vimeo.com/927463736?share=copy

LA DÉPÈCHE – l’article  ici

« Sa tumeur au cerveau a disparu » : Lucas, 13 ans, a guéri d’un cancer jugé incurable

« Sa tumeur au cerveau a disparu » : Lucas, 13 ans, a guéri d’un cancer jugé incurable

Diagnostiqué à l’âge de 6 ans, le jeune Belge a suivi un essai prometteur dans un centre de la région parisienne. Après plusieurs années de traitement, son docteur vient de lui annoncer sa guérison.

« Sa tumeur a complètement disparu. On le considère guéri ! » Le docteur Jacques Grill, médecin chercheur au centre de lutte contre le cancer Gustave Roussy de Villejuif (Val-de-Marne), a fait face à un cas unique en son genre. En janvier, il a annoncé sa guérison à Lucas, jeune patient de 13 ans atteint d’un cancer pourtant jugé « incurable ».

Une première ? « Au niveau mondial, je ne peux pas l’affirmer de façon catégorique, tempère le responsable du programme Tumeurs cérébrales mené par l’Institut francilien. Avant, les méthodes de diagnostic laissaient une marge d’erreur. Si des patients guérissaient, on se disait qu’on avait dû se tromper dans l’examen. Désormais, on se sert d’une biopsie, un examen beaucoup plus fiable. Et depuis cela, oui c’est une première. »

 Un cancer rare et redoutable

Une victoire face à un ennemi au nom redoutable : le gliome infiltrant du tronc cérébral. Un cancer rare, qui touche une cinquantaine d’enfants et adolescents chaque année. « Le taux de survie à deux ans ne dépasse pas les 5 %, concède le médecin. La tumeur se situe dans une zone fragile et profonde du cerveau, le pont, responsable de fonctions vitales comme la respiration, l’équilibre. Tout acte chirurgical entraînerait des pertes de fonctions neurologiques.»

Pour Lucas, qui vit avec ses parents et sa sœur dans la périphérie de Bruxelles (Belgique), le diagnostic est tombé à l’âge de 6 ans. « Au début, il avait quelques problèmes pour faire pipi. On ne s’est pas trop inquiétés, on pensait que ce n’était pas grave, se rappelle Cédric, son papa, qui travaille dans l’informatique pour la défense belge (1). Et puis, il a commencé à tituber, il était fatigué, avait mal à la tête… »

L’enfant passe une IRM de contrôle. Le résultat est sans appel. « On est abattus, parce qu’on connaît déjà les statistiques à propos de cette maladie… » Son issue est alors fatale, souvent dans les neuf à douze mois suivant sa découverte.

Un essai, un espoir

Sous l’impulsion du Dr Jacques Grill, un essai clinique a été mis en place. Il est proposé aux enfants atteints de cette tumeur. Biomède, l’essai en question allie un médicament, l’évérolimus, choisi pour soigner certains cancers et tumeurs au cerveau, à ces séances de radiothérapie. « Normalement, on se contente de la radiothérapie. Mais, seule, elle n’offre pas de chance de guérison à long terme. Elle ne fait que calmer les symptômes et en général, la maladie revient au bout de six mois », déplore le chercheur.

« On nous l’a directement proposé. C’était notre seule option, donc on l’a acceptée», raconte Cédric. Six semaines plus tard, « gonflé à la cortisone » pour masquer les symptômes et diminuer l’inflammation, Lucas peut enfin débuter l’essai.

La radiothérapie s’étale sur trente sessions. La prise du traitement, elle, va durer cinq ans. Un bouleversement pour le quotidien de la famille. « On a pris des congés pour être avec Lucas à Paris. Pendant les deux premiers mois, sa maman restait avec lui et je faisais les allers-retours depuis Bruxelles chaque week-end. » Puis Lucas a retrouvé un semblant de vie normale et a repris le chemin de l’école, « avec son bobo à la tête », qu’il avait dû quitter pendant plusieurs mois.

« Je ne suis pas sûr qu’il était conscient de la situation, souligne le papa. À 6 ans, on ne lui a pas fait un cours de statistiques médicales. Tant que ça allait pour lui, que l’on traitait les symptômes, ça ne lui semblait pas si différent. »

« On a vu la tumeur disparaître »

Au fur et à mesure que la fréquence des visites à Paris s’allonge, un mois d’abord, puis deux et ainsi de suite, l’état de Lucas semble se stabiliser, voire s’améliorer. « La tumeur avait diminué avec le traitement. Au fil des IRM, nous l’avons vue disparaître petit à petit. »

Les motifs d’espoir s’enchaînent. Au moment de rédiger une nouvelle ordonnance, le docteur se rend compte que Lucas, devenu ado, a cessé de prendre son traitement: « Il lui restait des médicaments en réserve, alors que je lui prescrivais la dose exacte. » Il propose au jeune patient d’arrêter définitivement la prise médicamenteuse.

La maladie reste stable, jusqu’à ce jour de janvier où l’on explique à Lucas, désormais âgé de 13 ans, qu’il est officiellement guéri. « Après cinq ans, on ne voyait déjà plus que la cicatrice de sa biopsie, sa maladie avait disparu. Il fallait sauter le pas. »

Avancée scientifique majeure ou cas unique ? Le docteur reste mesuré. « Très peu de patients sont dans le même cas. Lucas avait des cellules tumorales dont la mutation les rendait très sensibles au traitement. Il faudrait réussir à mettre les cellules des autres enfants dans la même situation. Le chemin sera encore long. »

La famille de Lucas peut enfin « prévoir à nouveau des vacances », confie, soulagé, Cédric. Et pour l’avenir ? L’adolescent « se verrait bien youtubeur ! »

 (1) Le père de Lucas n’a pas souhaité donner son nom.

OUEST FRANCE – l’article  ici

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Salon du Chocolat 2024 : Un plaisir gourmand au service d’une noble cause

Salon du Chocolat 2024 : Un plaisir gourmand au service d’une noble cause

Depuis sa création en 2009 par le Club Rotary Lille Est, cet événement est devenu un incontournable pour les amateurs de chocolat et les défenseurs de causes nobles. Cette année encore, le Salon revêt une importance toute particulière : il se dresse comme un bastion de solidarité envers les enfants et les familles touchés par le cancer pédiatrique.

Mais au-delà du simple plaisir des papilles, chaque visiteur devient un héros anonyme, un bienfaiteur silencieux dans la lutte contre le cancer pédiatrique. Car pour le prix modique d’un ticket d’entrée, vous faites bien plus que savourer des douceurs chocolatées : vous apportez votre soutien concret à la recherche médicale, à l’espoir d’un traitement plus efficace et d’un avenir plus radieux pour ces enfants courageux et leurs familles.

Le Salon du Chocolat et de la Gourmandise 2024 n’est pas seulement une célébration de la gourmandise, mais aussi un acte d’amour et de solidarité. C’est une invitation à se réunir, à partager, à se régaler tout en tendant la main à ceux qui en ont le plus besoin.

Alors venez, laissez-vous séduire par la tentation du chocolat, et ensemble, faisons une différence dans la lutte contre le cancer pédiatrique. Chaque petit geste compte, chaque délicieuse bouchée fait avancer la recherche, et chaque sourire illuminera le visage d’un enfant.

Rendez-vous au Salon du Chocolat et de la Gourmandise 2024, où chaque plaisir est une promesse d’espoir pour un avenir plus doux et plus lumineux pour tous.

WARRIOR ENGUERRAND

Toutes les informations sur le Salon du Chocolat et de la Gourmandise 2024 ici

Cancer du cerveau : la guérison d’un enfant ouvre de grands espoirs pour la recherche

Cancer du cerveau : la guérison d’un enfant ouvre de grands espoirs pour la recherche

Un enfant belge a défié tous les pronostics : diagnostiqué à 6 ans de cette maladie réputée incurable, il est désormais considéré comme guéri, son cerveau ne présentant plus de signe de la tumeur

Rare mais fatal, le gliome infiltrant du tronc cérébral est l’une des formes les plus redoutables des cancers du cerveau pédiatriques. Un enfant, pourtant, semble défier les statistiques : sa guérison, unique au monde, suscite aujourd’hui de grands espoirs pour la recherche. Malgré les progrès dans la prise en charge des cancers pédiatriques, au centre d’une journée mondiale jeudi, cette tumeur touchant entre 50 et 100 enfants et adolescents chaque année en France représente un défi pour le monde médical.

Si le taux de survie à cinq ans d’un cancer pédiatrique atteint désormais 85 %, certains d’entre eux, dont le gliome infiltrant du tronc cérébral, restent de mauvais pronostics. Inopérable, ce cancer est traité habituellement par une radiothérapie, qui permet parfois de freiner la maladie mais dont l’effet est transitoire. Aucun médicament n’a encore démontré son efficacité. L’évolution est en effet très rapide et l’issue généralement fatale dans les 9 à 12 mois suivant la découverte de la tumeur.

Un enfant belge, Lucas, aujourd’hui âgé de 13 ans, a pourtant défié tous les pronostics : diagnostiqué à 6 ans de cette maladie réputée incurable, il est désormais considéré comme guéri, son cerveau ne présentant plus de signe de la tumeur. « Lucas a explosé tous les compteurs de vie », se réjouit son médecin, Jacques Grill, pilote du programme Tumeurs cérébrales du département de cancérologie pédiatrique du centre anti-cancer Gustave-Roussy, au sud de Paris.

« Particularités biologiques »

Le pédiatre se remémore avec émotion avoir annoncé il y a sept ans aux parents de Lucas que leur fils allait mourir. À l’époque, sa famille est venue le faire soigner en France, où le petit garçon est l’un des premiers patients à intégrer un essai clinique pour tester un nouveau médicament, une thérapie ciblée. D’emblée, Lucas répond très bien au traitement. « Au fil des IRM, j’ai vu la tumeur complètement disparaître », raconte le Dr Grill, qui n’ose, malgré ces résultats miraculeux, décider d’arrêter le médicament. Jusqu’à ce qu’il comprenne, il y a un an et demi, que l’enfant avait lui-même cessé de le prendre.

« Un cas comme lui, je n’en connais pas d’autre dans le monde », confie le médecin, dont l’équipe a commencé les recherches sur ce cancer il y a une quinzaine d’années. Reste à comprendre pourquoi Lucas a guéri et comment son cas médical pourrait apporter de l’espoir à des centaines de jeunes à l’avenir.

Une dizaine d’autres enfants inclus dans le même essai clinique ont vu leur espérance de vie dépasser les statistiques et sont toujours en vie plusieurs années après le diagnostic – mais leur cancer n’a pas complètement disparu. Une espérance de vie accrue sans doute en raison de « particularités biologiques de leur tumeur », expliquant leur meilleure réponse au traitement que d’autres patients sous la même thérapie, souligne le Dr Grill.

Le professeur en cancérologie Antoine Italiano, est responsable de l’unité d’essais cliniques de phase précoce de l’Institut Bergonié de Bordeaux. Entre ses mains, des sésames : ces traitements innovants qui donnent de l’espoir à des patients audacieux

« Travail de longue haleine »

« La tumeur de Lucas présentait une mutation extrêmement rare et nous pensons que c’est cette mutation qui a rendu ses cellules tumorales beaucoup plus sensibles au médicament », ajoute le pédiatre, également chercheur à l’Inserm. Dans un essai en cours (Biomède), qui compare le médicament reçu par Lucas à un nouveau traitement prometteur, les chercheurs de Gustave-Roussy étudient non seulement les anomalies génétiques des tumeurs de tous les patients mais fabriquent aussi des organoïdes tumoraux (copies 3D des tumeurs de patients réalisées en laboratoire) pour comprendre leur biologie et leur sensibilité aux médicaments.

« Le cas de Lucas ouvre un vrai espoir : on va essayer de reproduire in vitro les altérations que l’on a identifiées dans ses cellules », explique Marie-Anne Debily, enseignante-chercheuse supervisant ces travaux. Concrètement, les équipes médicales veulent découvrir si les altérations de l’ADN que présentait Lucas, une fois « reproduites » chez d’autres patients, se traduisent également par une diminution de leur tumeur.

Si c’est le cas, « l’étape d’après sera de trouver le médicament ayant le même effet sur les cellules tumorales que ces modifications cellulaires », indique Marie-Anne Debily. Enthousiastes devant cette nouvelle « piste thérapeutique », les médecins préviennent cependant qu’il faudra des années avant de trouver un éventuel traitement curatif. « Il s’écoule en moyenne 10 ou 15 ans entre la piste et le médicament, c’est un travail de longue haleine », rappelle Jacques Grill.

SUD FRANCE – l’article  ici

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